Le projet de barrage hydro-solaire de Bini à Warak, dans la région de l’Adamaoua, ne devrait entrer en chantier qu’en 2029, selon une information rapportée par Investir au Cameroun. Évalué à 393 milliards FCFA, ce programme énergétique figure parmi les dossiers structurants suivis au Cameroun. Le décalage annoncé prolonge l’attente autour d’un équipement présenté comme un levier pour renforcer la production électrique nationale.
Bini à Warak repoussé à 2029 selon Investir au Cameroun
Le principal enseignement tient au calendrier. Un chantier attendu autour de Bini à Warak ne serait pas lancé avant 2029, ce qui place le projet dans une séquence longue de préparation administrative, technique et financière. Cette perspective est sensible pour un ouvrage souvent associé à la sécurisation de l’approvisionnement électrique dans le nord du pays.
Un barrage hydro-solaire ne se résume pas à la construction d’un ouvrage de génie civil. Avant les premiers travaux visibles, les porteurs du projet doivent consolider les études, préciser les conditions de financement, organiser les acquisitions foncières et préparer les raccordements. Ces étapes prennent du temps, surtout lorsque l’équipement doit combiner production hydraulique, production solaire et intégration au réseau.
Le report vers 2029 intervient dans un contexte où les besoins en électricité restent élevés au Cameroun. Les ménages, les collectivités locales et les entreprises industrielles attendent une énergie plus disponible, plus stable et mieux répartie sur le territoire. Dans les zones éloignées des principaux centres économiques, chaque retard sur les infrastructures pèse sur les coûts de production et sur l’attractivité des investissements.
La dimension hydro-solaire ajoute une complexité particulière. L’hydraulique dépend du débit, de la retenue et de la gestion saisonnière de l’eau. Le solaire suppose des surfaces dédiées, des équipements photovoltaïques, des onduleurs, une maintenance spécifique et une coordination avec les périodes de demande. Cette combinaison peut améliorer la continuité de service, mais elle impose une préparation plus fine qu’un équipement reposant sur une seule source.
Sur le terrain, l’annonce d’un démarrage plus tardif modifie les attentes des acteurs locaux. Les promesses d’emplois directs sur le chantier, de contrats de sous-traitance et de nouvelles recettes pour les communes ne se matérialiseront pas immédiatement. Les populations concernées devront aussi attendre les précisions sur les mesures sociales, les indemnisations éventuelles et l’impact environnemental du projet.

Un financement de 393 milliards FCFA sous surveillance
Le montant annoncé, 393 milliards FCFA, place le dossier parmi les investissements énergétiques majeurs du pays. À ce niveau, le montage financier devient un sujet central. Les autorités doivent généralement combiner ressources publiques, prêts concessionnels, contributions de partenaires techniques et financiers, garanties souveraines et mécanismes de suivi des coûts.
Dans la pratique, le coût d’un ouvrage de cette ampleur peut évoluer selon les études définitives, le prix des matériaux, les conditions d’accès au site et les exigences environnementales. Le béton, les turbines, les équipements électriques, les panneaux solaires et les lignes de transport représentent des postes lourds. La maîtrise des marchés publics sera déterminante pour éviter une hausse excessive de la facture.
L’objectif industriel reste clair: augmenter la capacité disponible et renforcer le réseau électrique. L’apport d’un ouvrage mixte hydro-solaire peut contribuer à réduire la dépendance à certaines centrales thermiques, plus exposées au coût du carburant. Le solaire produit surtout en journée, tandis que l’hydraulique peut offrir une marge de pilotage lorsque la retenue d’eau est suffisante.
Pour les entreprises, l’enjeu dépasse la seule production. Une énergie plus fiable réduit les dépenses liées aux groupes électrogènes, aux arrêts de machines et aux pertes de marchandises. Les secteurs agroalimentaire, minier, textile ou numérique dépendent d’une alimentation régulière. Dans l’Adamaoua et les régions voisines, un projet de cette taille peut aussi soutenir des activités de transformation plus proches des zones de production.
Le décalage donne aux décideurs une fenêtre pour préciser les responsabilités, les étapes de contrôle et la communication publique autour du programme. Les retombées dépendront autant de la qualité du financement que de l’exécution technique. Pour les usagers, la question centrale demeure la même: le futur barrage devra apporter une capacité disponible, au bon coût, et raccordée aux zones qui en ont le plus besoin.

Questions fréquentes
- Pourquoi le chantier de Bini à Warak est-il attendu en 2029 ?
- La source indique un démarrage prévisionnel en 2029. Un projet hydro-solaire exige des études techniques, un montage financier, des procédures foncières, des évaluations environnementales et une préparation du raccordement électrique avant l’ouverture effective du chantier.
- Que représente le montant de 393 milliards FCFA ?
- Il s’agit de l’enveloppe annoncée pour le projet. Ce montant couvre potentiellement le barrage, les équipements hydrauliques, les installations solaires, les ouvrages électriques, les études, les travaux d’accès et les dispositifs de raccordement au réseau.
- Quel impact le barrage peut-il avoir sur l’électricité au Cameroun ?
- S’il est réalisé dans les conditions prévues, le projet peut renforcer la capacité de production, améliorer la stabilité de l’alimentation et soutenir les activités économiques. Son effet dépendra de la puissance réellement installée, du calendrier d’exécution et de la qualité du raccordement.
À retenir
- Le chantier du barrage Bini à Warak est attendu en 2029.
- Le projet est évalué à 393 milliards FCFA.
- L’ouvrage doit combiner production hydraulique et solaire.
- Le financement et les études restent déterminants avant les travaux.

