46,9 millions de livres, livraisons 2025 en baisse, prix moyen en hausse, ce que révèle le bilan annuel de l’EIA

L’Agence américaine d’information sur l’énergie a publié fin juillet 2026 son bilan annuel des achats d’uranium destinés aux réacteurs civils des États-Unis. Le document couvre l’exercice 2025 et met en évidence un mouvement contrasté: des volumes livrés en baisse, mais un prix moyen plus élevé. Les exploitants nucléaires américains ont acheté 46,9 millions de livres d’équivalent U3O8 auprès de fournisseurs nationaux et étrangers.

L’EIA chiffre à 46,9 millions de livres les livraisons 2025

Le rapport annuel de l’EIA agrège les déclarations obligatoires de l’ensemble de la chaîne du combustible nucléaire, producteurs, convertisseurs, enrichisseurs, fabricants, courtiers et négociants. Cette enquête donne une photographie rare d’un marché souvent couvert par des contrats confidentiels. Pour 2025, les exploitants de réacteurs civils américains déclarent 46,9 millions de livres U3O8e livrées.

La baisse est nette par rapport à 2024. Le total recule de 16 %, après 55,9 millions de livres livrées l’année précédente. L’agence relie cette variation à plusieurs facteurs opérationnels, dont le calendrier des rechargements de combustible et la durée de fonctionnement des réacteurs sur la période. Un réacteur ne commande pas du combustible au même rythme selon ses arrêts programmés, ses prolongations de cycle ou ses opérations de maintenance.

Le prix moyen pondéré évolue dans l’autre sens. Les achats de 2025 ressortent à 58,46 dollars par livre, soit une hausse de 11 % par rapport à 2024. Cette progression traduit un marché plus tendu pour les acheteurs américains, même si tous les volumes n’ont pas été acquis aux conditions du marché de court terme. Les contrats pluriannuels continuent de lisser une partie de la hausse observée sur les prix disponibles.

Le rapport exprime les volumes en U3O8e, une unité qui permet de comparer les différentes formes d’uranium, depuis le concentré jusqu’à l’uranium enrichi. Cette méthode facilite le suivi statistique d’une matière qui peut circuler entre plusieurs étapes industrielles avant son chargement en réacteur. Elle rend aussi comparables des contrats conclus à des stades différents de la chaîne du combustible.

Pour les opérateurs, ces chiffres ne signalent pas seulement une dépense d’achat. Ils renseignent sur la gestion des stocks, la visibilité industrielle et la capacité à sécuriser des livraisons plusieurs années avant utilisation. Dans un parc nucléaire américain toujours central pour la production électrique bas carbone, l’approvisionnement en uranium reste un sujet de pilotage financier et stratégique.

Les contrats longs couvrent 87 % des achats américains

La structure des achats explique une partie de l’écart entre les prix. Selon l’EIA, 13 % des volumes livrés en 2025 proviennent de contrats spot, à un prix moyen pondéré de 76,01 dollars par livre. Les 87 % restants relèvent de contrats de long terme, négociés à 55,91 dollars par livre. La différence illustre l’intérêt des engagements pluriannuels pour limiter l’exposition aux pics de marché.

Les exploitants ont acheté trois types de matières auprès de 11 vendeurs, un nombre qui rappelle la concentration du marché. Les contrats longs offrent une meilleure prévisibilité budgétaire, mais ils limitent aussi la souplesse lorsque les conditions changent rapidement. Les achats spot servent souvent à compléter un portefeuille, couvrir un besoin ponctuel ou ajuster une livraison liée au calendrier d’un réacteur.

La dimension internationale reste majeure. Les achats réalisés auprès de fournisseurs étrangers par les exploitants et les acteurs américains de la chaîne du combustible totalisent 30 millions de livres U3O8e en 2025, à un prix moyen de 56,80 dollars. Dans l’autre sens, les ventes américaines à des fournisseurs étrangers atteignent 4 millions de livres, à 75,05 dollars par livre. L’écart de volumes confirme le poids des importations.

Cette dépendance extérieure entretient les débats sur la sécurité d’approvisionnement. Les États-Unis disposent de capacités industrielles, mais le marché de l’uranium demeure mondial, avec des flux soumis aux coûts miniers, aux capacités de conversion et d’enrichissement, aux décisions publiques et aux tensions géopolitiques. Pour les producteurs, la hausse des prix soutient les projets d’exploration et de relance, mais les délais industriels restent longs.

Pour les consommateurs d’électricité, l’impact immédiat demeure indirect, car le combustible ne représente qu’une partie du coût complet de production nucléaire. Pour les exploitants, le sujet est plus sensible: une mauvaise anticipation peut augmenter le coût des rechargements ou réduire les marges de manœuvre contractuelles. Les prochaines enquêtes de l’EIA permettront de mesurer si la baisse des volumes était liée au calendrier des réacteurs ou à une phase plus durable de rééquilibrage des achats.

Questions fréquentes

Pourquoi les volumes d’uranium livrés aux États-Unis ont-ils baissé en 2025 ?
L’EIA relie cette baisse au calendrier opérationnel des réacteurs, dont les arrêts programmés, les rechargements de combustible et la durée de fonctionnement sur l’année. Les exploitants n’achètent pas tous les mêmes volumes chaque année.
Pourquoi le prix moyen a-t-il augmenté malgré des volumes plus faibles ?
Le prix moyen reflète des contrats conclus dans un marché plus tendu. Les achats spot ont été nettement plus chers que les contrats de long terme, ce qui a contribué à relever la moyenne pondérée.
Quelle est la part des fournisseurs étrangers dans les achats américains ?
Les achats auprès de fournisseurs étrangers par les exploitants et acteurs américains de la chaîne du combustible ont atteint 30 millions de livres U3O8e en 2025, selon les données publiées par l’EIA.

À retenir

  • Les livraisons d’uranium aux exploitants américains ont reculé de 16 % en 2025.
  • Le prix moyen pondéré atteint 58,46 dollars par livre U3O8e.
  • Les contrats de long terme couvrent 87 % des volumes livrés.
  • Les achats auprès de fournisseurs étrangers totalisent 30 millions de livres.