5 ans de solaire, barrages du Zambèze, hybridation hydroélectrique en 2026, ce que la Zambie prépare face aux sécheresses

La Zambie entre dans une nouvelle phase de sa transition énergétique. Après cinq ans d’expansion du solaire, le pays met l’accent en 2026 sur l’hybridation avec l’hydroélectricité, selon l’Agence Ecofin. L’objectif est clair: mieux utiliser les barrages existants, intégrer davantage de production photovoltaïque et limiter l’exposition du réseau aux sécheresses qui pèsent sur l’approvisionnement électrique.

La Zambie combine solaire et barrages du Zambèze

La stratégie annoncée s’appuie sur un constat simple: le système électrique zambien dépend encore fortement de l’hydroélectricité. Les grands ouvrages installés sur les bassins du Zambèze et de la Kafue ont longtemps fourni une base de production relativement stable. Cette architecture devient plus vulnérable lorsque les niveaux d’eau baissent, avec des répercussions directes sur les ménages, les entreprises et les mines.

L’essor du solaire photovoltaïque offre une réponse partielle à cette fragilité. Les centrales solaires peuvent produire en journée, au moment où la demande industrielle et commerciale reste soutenue. Leur coût de déploiement a reculé, les délais de construction sont plus courts que pour les barrages, et les projets peuvent être installés à proximité de zones de consommation ou de postes de raccordement existants.

L’hybridation vise à combiner les deux ressources au lieu de les opposer. Quand le soleil produit fortement, les barrages peuvent réduire leur débit turbiné et préserver l’eau disponible. Quand la production solaire baisse en fin de journée, les centrales hydroélectriques reprennent une part plus importante de la fourniture. Ce fonctionnement demande une gestion fine des prévisions météorologiques, des réserves d’eau et de la demande sur le réseau.

Pour la Zambie, l’enjeu dépasse la seule production électrique. Le cuivre, les services urbains, les petites industries et les commerces dépendent d’une alimentation plus régulière. Les coupures imposent le recours à des groupes électrogènes coûteux et polluants. Une meilleure articulation entre barrages et panneaux solaires peut réduire ces coûts cachés, même si elle nécessite des investissements dans le pilotage du réseau, les lignes de transport et les systèmes de stockage.

Zesco adapte le réseau aux sécheresses récurrentes

L’opérateur public Zesco se trouve au centre de cette évolution. L’entreprise doit absorber une production solaire plus variable tout en maintenant l’équilibre entre l’offre et la demande. Cette mission suppose des outils de prévision plus précis, des centres de contrôle modernisés et une coordination renforcée avec les producteurs indépendants. Sans ces ajustements, l’ajout de capacités solaires peut créer de nouvelles contraintes techniques.

Les sécheresses accentuent la pression sur le modèle historique. Lorsque les retenues affichent des niveaux faibles, la marge de manœuvre des barrages se réduit. Les arbitrages deviennent sensibles entre production électrique, irrigation, usages domestiques et impératifs environnementaux. Dans ce contexte, l’hybridation n’est pas un simple choix technologique, mais une méthode de gestion du risque climatique appliquée à l’électricité.

Le financement reste une question centrale. Les projets solaires attirent davantage d’investisseurs privés que les grands barrages, car les chantiers sont plus rapides et les risques mieux circonscrits. Mais le réseau, lui, exige des dépenses lourdes: lignes haute tension, transformateurs, équipements numériques et capacités de réserve. Les bailleurs internationaux observent de près ces besoins, car la stabilité énergétique conditionne aussi la croissance de l’économie zambienne.

Cette transition demande également une régulation lisible. Les contrats d’achat d’électricité, les tarifs de raccordement et les garanties publiques doivent offrir un cadre suffisamment prévisible. Pour les consommateurs, le bénéfice attendu se mesure moins en mégawatts annoncés qu’en heures de service disponibles. En 2026, la priorité zambienne consiste donc à transformer l’expansion solaire en sécurité d’approvisionnement, avec des barrages utilisés comme outil d’équilibrage plutôt que comme unique pilier du système.

Questions fréquentes

Pourquoi la Zambie mise-t-elle sur l’hybridation solaire-hydroélectricité ?
Le pays cherche à réduire sa dépendance aux barrages lorsque les niveaux d’eau baissent. Le solaire produit en journée, ce qui permet de préserver une partie de l’eau des retenues et de mieux répartir la production électrique.
Quel rôle joue Zesco dans cette transition énergétique ?
Zesco doit intégrer davantage de production solaire au réseau, maintenir l’équilibre entre offre et demande, moderniser les outils de contrôle et coordonner les producteurs publics comme privés.
Cette stratégie peut-elle réduire les coupures d’électricité ?
Elle peut améliorer la stabilité du système si les investissements suivent dans les lignes, les transformateurs, les prévisions météorologiques et les capacités de réserve. Le gain dépendra surtout de la qualité du pilotage du réseau.

À retenir

  • La Zambie veut associer solaire et hydroélectricité pour stabiliser son réseau.
  • Les barrages peuvent compenser la baisse de production solaire en soirée.
  • Zesco doit moderniser le pilotage du réseau et les capacités de transport.
  • Le financement des infrastructures reste déterminant pour sécuriser l’approvisionnement.